Compte-rendu du match du 24 novembre 2018 contre les Tontons Flanker.

Compte-rendu du match du 24 novembre 2018 contre les Tontons Flanker.

 

Compte-rendu dans lequel on parlera de rétro coup de pied, de plongeon, d’une mi-temps dans un sens et d’une mi-temps dans l’autre, mais aussi d’épaule déboitée et de discours à la pause, enfin peut-être.

 

Nous on est en blanc

 

Rappelez-vous c’était il y a un an à peine. Personne ne pouvait prononcer le nom des Rubygnoles sans être irrésistiblement parcouru d’un frisson : d’effroi pour les hommes, de plaisir pour les femmes, de rire pour les enfants. Las, depuis le début de la présente saison force est de constater que l’équipe a perdu de sa superbe et que la machine de guerre de l’année dernière s’est transformée en motoculteur souffreteux à la faveur de l’été.
Heureusement la chance que l’on a quand on est Français, monsieur, c’est que l’on n’est pas complexé par le jeu de notre équipe nationale. Grâce aux bleus nous n’avons plus honte de vendanger les surnombres, de somnoler à 10 dans les rucks et de jouer en marchant. Ouuui, messieurs dames, cette tournée d’automne ne consacre pas la chute de l’équipe de France mais bien l’avènement du rugby Folklorique sur la scène internationale !!

Mais ce matin nous voulions gagner. On se l’était dit et redit : les gars on est ici chez nous !! (enfin presque, merci aux Coqs de nous prêter leur terrain) On doit marquer notre territoire (N.B : celui des Coqs en fait) ! Les mecs en face, il faut qu’ils repartent d’ici (de chez les Coqs) avec le sentiment d’avoir été humiliés, insultés, bafoués et pas seulement parce qu’on a leur refilé le vestiaire n°31 (celui qui est petit, qui pue, avec les douches froides), en partant d’ici il faut qu’ils se sentent sale !!! (Cf. douches froides) et ça passe par le jeu les gars !! (Voir plus haut pour ce que l’on entend par « jeu »).
Pour l’occasion les gardiens nous avaient préparé un terrain (celui des Coqs) aux petits oignons genre jardin zen pour grunge : ils avaient refait les lignes blanches, fait rentrer 50m3 de gravier frais et laissé juste au milieu une bonne grosse et grasse flaque de boue, c’était charmant (notez bien ce dernier détail, il pourrait resservir).

Les équipes :
Samedi on recevait donc sur notre terrain qui n’est pas à nous (merci les coqs) l’équipe des Tontons Flankers : 15 gars, pas un de plus, jeunes, beaux et sportifs.
Face à eux : nous, moins jeunes, moins beaux, moins sportifs mais bien plus nombreux.
Dans le détail ça donne :

  • Joueur à mobilité réduite : Rod, Dam, JP, Sly, Roland, Mark, Mimosa, Ménestrel, Fab, Fran-fran, Thomas, Rintintin, Ludo et Lucas,
  • Joueur à moralité réduite : Cap’tain Tom, Môme,
  • Joueur à intelligence réduite : Gluft, Alex, Riton, Raph, Jo, Octo, Branchouille,
  • Joueur cumulant les trois handicapes : Barbaco.
  • Crédit photo : Jef.

Première mi-temps : La nôtre
A part le déboitage d’épaule de Ludo à la 5ième minute, cette première mi-temps fut sans histoire. On était propre en touche, en protection, on conserve bien le ballon, on enchaine les petits tas au ras (chez nous on appelle ça des cellules, ça fait plus classe, biologiste…) et quand on ouvre nos trois-quarts trouvent des intervalles.
Tout ça nous amène assez naturellement vers la ligne de marque des Tonton : La charge de notre 8 Thomas est stoppée à 2,5 cm de l’en-but. Regroupement. Notre demi de mêlée Tom relève le ballon, s’échappe au ras, résiste aux attouchements de la défense, tire des cheveux, mets des doigts dans les yeux, griffe, mord, vitupère, tempête, trépigne, devient tout rouge et marque.
Un peu plus tard les deux mêmes se signalent de nouveau par une 89 jouée derrière une mêlé à 10m de l’en-but adverse (Une Tom-Tom © Thomas) qui envoie Môme à l’essai.

2-0 à la mi-temps pour nous et tout va bien.

Pause et discours : Impossible de vous rapporter ce qu’a dit Fran-fran à la mi-temps. J’ai complétement oublié. Il parlait fort, tout rouge, avec des gros yeux….mais ça a pas imprimé. J’ai toujours beaucoup de mal à rester concentré pendant les discours de François.
Bah, ça ne devait pas être très important.

Seconde mi-temps : la leur
Oh putain le retour de bâton en seconde mi-temps. C’était plus les mêmes en face, quand ils se mettent en colère les Tontons ils ne font pas rire.
En attaque ils se sont mis à rentrer beaucoup plus fort et non plus au ras comme en première mi-temps mais au centre. Une fois le centre pris, le temps que nos gros se déplacent (avec une certaine lenteur mais non sans élégance), les avants des Tontons enchainaient dans l’axe du terrain et mettaient toute notre équipe sur le reculoir. A partir de là y a des espaces qui s’ouvrent de partout et on passe le plus clair de notre temps à éteindre les incendies.
Sur les impacts, les duels, les rucks ils ont été beaucoup plus présents qu’en première mi-temps.
Nous on a eu beaucoup moins de ballon et dans de moins bonnes conditions qu’au début du match avec une défense qui pressait beaucoup plus.
Bref on subit, on subit … On finit par encaisser un, puis deux et enfin trois essais.

Défaite 3-2, et merde…..

Groupe de parole

Après-match :
Pas d’après-match, douches froides pour tout le monde et paf ça nous apprendra.

La révélation of the match (Paragraphe à lire avec la musique du Grand bleu d’Éric Serra en fond sonore) : Pour Raph.
Raph… on sentait bien que depuis quelque temps ça n’allait pas, qu’il n’était plus le même, que quelque chose en lui avait changé … Il nous parlait sans cesse de Marseille, de la mer, portait des T-shirt à l’effigie de la petit sirène taille 36 alors qu’il fait un bon 42, voulait qu’on l’appelle Arielle.
Quand on lui faisait une passe il essayait d’attraper la balle avec son nez, comme une otarie, plutôt qu’avec ses nageoires…heu…pardon ses bras. Ses jambes le soutenaient de moins en moins et il s’affalait souvent au sol sans raison, comme un mulet sur le pont d’un pointu.
Il avait déjà eu une première prise de conscience en visionnant le film le « Grand bain » réalisant que son style de jeu s’apparentait plus à de la natation synchronisée qu’à du rugby.
C’est pourquoi, à la 22ième minute de la seconde mi-temps, alors que l’attaque Rubygnoles passe à proximité de la flaque de boue centrale, que le ballon vole de main en main vers un Raph lancé dans un intervalle, l’appel des profondeurs a été le plus fort.
Raph, d’un superbe crochet évite l’intervalle et repique au centre, droit vers la flaque de gadoue. Se rendant compte de son erreur il essaye d’éviter l’inévitable, d’échapper à son destin et pédale désespérément avec ses petites pattes pour reprendre de l’adhérence. En vain. Ses petits petons rabougrit dérapent, glissent, pataugent. Inexorablement la flaque se rapproche, rien n’y fait, impossible de vaincre une inertie entretenue à coup d’hamburger depuis des années, de modifier une telle trajectoire. Raph glisse, glisse….
Et plaf c’est l’impact, la tête la première, de tout son long, dans une gerbe de bouillasse, un feu d’artifice de gadoue, Raph a entièrement disparu dans la flaque.
Il est retourné parmi les siens : les amphibiens. Il a achevé sa mutation pour ne plus revenir.
Adieux, Raph, tu vas nous manquer. Va maintenant, vis ta vie monocellulaire, tu le mérites bien. Et ne sois pas triste pour ceux qui restent car grâce à toi dorénavant plus jamais une flaque de boue ne nous laissera indifférent.

 

Avec tout ça on n’a pas eu le temps de parler du coup de pied de Barbaco, mais bon rien que de lire « coup de pied » et « Barbaco » dans une même phrase c’est déjà très drôle.
Faut que je cite encore Môme une fois pour respecter mon contrat et on est bon.

Bisous, rendez-vous chez les Momies si mon dos se débloque à temps,

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